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Le 31/08/2010 à 18:00 | Mis à jour le 31/08/2010 à 20:13
 

Cyclisme - Fignon

Hinault : «Très touché»

Laurent Fignon et Bernard Hinault lors du dernier Tour de France. (EQ)
Laurent Fignon et Bernard Hinault lors du dernier Tour de France. (EQ)

Bernard Hinault (quintuple vainqueur du Tour de France) : «Je suis très touché. C'était un combattant, il se battait pour la victoire comme moi, mais on menait toujours une lutte honnête, correcte. Là encore (face à la maladie) il s'est battu mais il n'a pas gagné. Je ne garde que des bons souvenirs de lui. Même si c'était un concurrent combatif sur le vélo, on a partagé beaucoup de bons moments hors du vélo. Je l'ai toujours vu joyeux, heureux de vivre même dans les moments les plus difficiles. Il parlait franchement. Chacun s'exprime à sa manière. Lui, il osait dire la vérité, ce qu'il pensait. (Sur une de leurs dernières rencontres en juin au Tourmalet) Il était présent, il m'avait dit qu'il avait refait un peu de vélo. Je m'étais dit : «C'est bon, c'est reparti». Et puis...»

Jean-Marie Leblanc (ancien directeur du Tour de France)
: «La mort d'un homme de 50 ans est toujours triste. Il a été un porte-drapeau du cyclisme français, un grand champion avec un palmarès rare dans l'après-Guerre. Il occupait une place éminente dans la famille du cyclisme. Il avait marqué dès son premier Tour de France, virevoltant, pimpant. Il était sans complexe avec un grand potentiel physique et une grande intelligence. Il avait apporté un coup de jeunesse. Et puis il y a eu la cassure de 1989 (sa deuxième place pour huit secondes derrière Greg LeMond, ndlr). Par la suite, il n'a plus été aussi rayonnant, moralement notamment. C'est la vie d'un champion. C'était un coureur avisé avec du caractère, parfois un mauvais caractère. C'était un franc-tireur avec un franc-parler et la certitude, parfois agaçante, d'avoir toujours raison. Il a également fait preuve d'un très grand courage physique et mental face à la maladie. C'était Fignon.»

Lance Armstrong (septuple vainqueur du Tour de France) : «Je viens juste d'apprendre la disparition de Laurent Fignon. Il était un ami cher et un cycliste de légende. Tu vas nous manquer, Laurent.»

Marc Madiot (ancien coéquipier de Laurent Fignon) : «On savait depuis quelques temps que la partie était mal engagée pour lui mais on avait toujours l'espoir qu'avec le caractère qu'il avait il franchirait cette montagne. Malheureusement ça n'a pas été le cas. C'est quelqu'un qui ne lâchait jamais rien, qui était intransigeant, qui savait se faire mal, qui donnait en permanence 100 % de ce qu'il avait dans toutes les courses auxquelles il participait. C'est quelqu'un qui avait une grande notion du travail accompli. A partir du moment où on est professionnel, on fait ce que l'on doit faire en course. Il était exigeant avec lui et demandait la même chose de la part de toute l'équipe. Je me rappelle de quelqu'un qui sous des aspects parfois rugueux était quelqu'un d'extrêmement sociable.»

Claude Criquelion (ancien coureur) : «Je suis très surpris car je l'avais trouvé bien sur France Télévisions à l'occasion de ses commentaires sur le Tour de France. Pour utiliser une expression sportive, je trouve qu'il avait bien terminé le Tour, en bonne forme. Nous courions ensemble souvent les mêmes courses car nous avions les mêmes objectifs, les classiques ardennaises et le Tour notamment. Avec Sean Kelly, nous avions pris l'habitude de passer les premiers kilomètres des courses à discuter à trois en queue de peloton. Ça nous a valu d'être quelques fois piégés. Fignon, c'était avant tout un bon camarade et quelqu'un de très correct.»

Alexandre Vinokourov (coureur Astana) : «Je ne le connaissais pas très bien et il ne me connaissait pas tellement non plus. Mais, pour moi, c'était une référence, comme Bernard Hinault et Eddy Merckx. Son analyse sur France Televisions était quelquefois sévère mais toujours juste. Elle était aussi plus forte que les autres parce qu'il savait de quoi il parlait. Il aimait le cyclisme et c'est pour ça qu'il pouvait en parler si bien et qu'il avait le droit de critiquer, de nous critiquer, nous les coureurs. Dans mon enfance, à l'époque de l'URSS, loin de la France et de l'Europe, Laurent Fignon était un nom qui était connu.»

David Lappartient (président de la Fédération française) : «C'est un champion, un homme qui s'en va trop tôt. Il avait encore beaucoup de choses à accomplir tant sur le plan personnel, professionnel que dans le monde du cyclisme. Je retiens de l'homme Laurent Fignon son immense talent, sa ténacité et la trace qu'il laisse dans notre sport est celle d'un immense champion. C'était un lutteur, un bagarreur tant sur le plan sportif que sur le plan personnel face à la maladie. Il a été aussi un commentateur télé juste, même si parfois son ton était rugueux. Il était tout simplement sans complaisance, droit dans ses idées. Il a toujours gardé une analyse juste de notre sport même si sa voix était plus éraillée sur le dernier Tour de France. Ses commentaires étaient aussi justes que d'habitude.»

L'Union nationale des cyclistes professionnels : «Le sport cycliste perd un immense champion mais aussi un homme de conviction qui laissera son empreinte dans l'histoire du vélo. L'UNCP n'oublie pas que Laurent Fignon joua un rôle essentiel dans la rénovation du syndicat des coureurs au début des années 90. Après avoir été vice-président pendant de nombreuses années il en est toujours membre d'honneur.»

Bjarne Riis (ancien coéquipier de Laurent Fignon) : «Je me souviendrai de Laurent comme d'un grand modèle. Sur le vélo, il a été la définition même de l'esprit combatif, de la volonté. Il a eu une grande influence sur ma carrière et je pense souvent aux milliers de kilomètres faits à ses côtés. Il était sans aucun doute un homme de courage, l'un des plus grands sur la route et l'un des observateurs les plus avertis dans le sport.»

Pat McQuaid (président de l'UCI) : «On connaissait la gravité de la maladie et on a pu apprécier la force et le courage qu'il a montrés jusqu'au dernier Tour de France. Il n'a jamais cessé de lutter. L'UCI et toute la grande famille du cyclisme mondial sont extrêmement tristes de cette nouvelle qui nous a tous si profondément touchés. Nous garderons en souvenir une combativité exemplaire.» (AFP)

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