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Le 09/09/2010 à 08:30 | Mis à jour le 09/09/2010 à 13:48
 

Basket - ChM (H)

Scola, le soleil argentin

Dans un Mondial déserté par de nombreux joueurs majeurs et en attendant que Kevin Durant ait besoin de crever l'écran, un joueur attire l'essentiel de la lumière en affolant les compteurs : l'intérieur argentin Luis Scola.
Luis Scola, le meilleur marqueur du Mondial. (REUT)
Luis Scola, le meilleur marqueur du Mondial. (REUT)

L'Argentine, finaliste en 2002 et demi-finaliste en 2006, affronte la Lituanie en quarts jeudi (20h00).

Fabricio Oberto a tout vécu sur un terrain de basket, l'or olympique, un titre NBA, 28 points en finale d'un Mondial. A 35 ans, il mérite des colonnes entières dédiées à sa gloire de combattant des raquettes. Pourtant, après la victoire de l'Argentine sur le Brésil (93-89), "Fabri" s'est transformé malgré lui en consultant de luxe. Les questions qui lui étaient adressées tenaient à peu près toutes en deux mots : «Luis Scola ?» Alors en bon professionnel, il s'est exécuté, expliquant les 37 points de son compère. «Luis est incroyable. Il joue avec tant de vigueur, il est assoifé de basket. Il n'est jamais fatigué de courir, de lutter pour avoir la balle. Il donne l'impression que tout est si facile. Nous devons le suivre.» Mais à chaque fois, un autre journaliste débarquait et demandait : «Et Luis Scola ?»

Si Oberto n'a jamais rechigné à répondre, Luis Scola, lui, en est arrivé à demander à ce qu'on parle de ses équipiers car «il y a beaucoup à dire sur eux». Mais c'est comme si chacun découvrait "Luifa" alors qu'il n'a pas 21 ans comme Kevin Durant, mais 30, dont la moitié passée dans le milieu pro. En 1995, il effectuait à 15 ans ses premiers pas en Ligue argentine avec Ferro Carril Oeste, club de Buenos Aires, sa ville natale, sous les yeux de son père Mario, lui même ancien joueur. Il a vécu la victoire sur les Etats-Unis en quarts de finale du Mondial 2002, possède deux médailles olympiques, l'or de 2004 et le bronze de 2008, et peut revendiquer une longue carrière à Vitoria (7 ans), avec deux finales d'Euroligue à la clé, et Houston (3 ans). Et c'est déjà le troisième Mondial de ce membre à part entière de la génération dorée argentine avec "Fabri", "El Manu" (Ginobili) et "El Chapu" (Nocioni).

«Je ne fais pas les choses tout seul»

Cependant, on n'avait jamais vu Scola à ce niveau-là. Meilleur marqueur du Mondial (30,3) avec près de six points d'avance sur le deuxième, le Tall Black Kirk Penney (24,7), il reste sur cinq matches à trente points ou plus. Il faut remonter à 1986 et 1990 pour trouver trace de joueurs régulièrement au dessus de la trentaine. Il faut repenser au Grec Nick Galis, à l'Italien Antonello Riva et au Brésilien Oscar Schmidt, des extérieurs possédés par l'attaque, des solistes sublimes. Un profil qui ne ressemble pas à celui de Scola, ailier fort aux fondamentaux parfaits, qui ne force pas (61% aux tirs) et d'une constance redoutable. Remplaçant Ginobili dans le rôle de leader de la sélection, après une saison où il avait déjà dû faire oublier l'absence de Yao Ming dans la raquette des Rockets, c'est lui qui a mis définitivement la tête du Brésil sous l'eau grâce à deux tirs et deux lancers réussi dans les 63 dernières secondes.

Le + : Scola a battu ces derniers jours tous les records argentins en Championnat du monde : nombre de points sur un match, dans un tournoi et sur l'ensemble d'une carrière. Records qui dataient des années 1960.

C'est surtout un joueur inscrit dans le collectif qui se sert du jeu à deux pour rouler vers le cercle en bénéficiant du travail du meneur Pablo Prigioni, successeur de Pepe Sanchez. «Ils ont très bien joué le pick & roll, relevait le meneur brésilien Marcelinho. Ca a été la clé de leur capacité à marquer.» «Il y a tout un travail pour me mettre en position, je ne fais pas les choses tout seul, reconnait Scola. Et je peux vous assurer qu'il y a beaucoup de matches où je n'ai pas rentré mes tirs à la fin, et qu'il y en aura d'autres.» Ces jours-là, Luis Scola peut toujours être utile à son équipe par son travail défensif, où il ne donne pas sa part au chien. Car selon lui, la tactique face au Brésil était qu'il «ne puisse pas jouer sur ses grands, Tiago et Anderson.» Elle a porté ses fruits mais ce n'est pas ce qu'ont retenu les journalistes en priorité.

Xavier COLOMBANI, à Istanbul
L'envers du décor et l'actu du Mondial : le twitter et le twitpic de xavier_lequipe

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