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Le 06/09/2010 à 21:30 | Mis à jour le 07/09/2010 à 01:28
 

Basket - ChM (H)

Une année de transition

Il n'était pas attendu monts et merveilles d'une «équipe de France expérimentale» en Turquie. Mais elle s'est quand même efforcée de lever l'espoir pour mieux décevoir ensuite et se fermer la porte. Le plus rude est surtout de ressentir l'impression d'un court été pour pas grand chose.
L'équipe de France reste en chantier à l'issue d'un Mondial paradoxal. (EQ)
L'équipe de France reste en chantier à l'issue d'un Mondial paradoxal. (EQ)

C'est anormal mais on s'y est (presque) fait : une sélection nationale de basket est l'équivalent sportif de l'éphémère, cet animal qui passe l'essentiel de sa vie sous forme de larve (en language FIBA, on appelle ça mettre les internationaux à disposition de leurs clubs) et ne vole que quelques heures avant de mourir. La version 2010 de l'équipe de France n'a même pas voleté un mois. Le 6 août, elle adoptait grosso modo ses contours définitifs avec le forfait de Rodrigue Beaubois. Le lendemain, elle jouait son premier match amical. Et le 5 septembre, elle disputait sa dernière rencontre. Rendez-vous en juillet 2011 pour la suite. Cela faisait presque vingt ans, depuis 1991, que les Bleus avaient joué aussi peu de matches officiels. Ils avaient pris la quatrième place d'un Euro à huit en ne gagnant qu'une fois. C'est possible.

Se forger une histoire, c'est bien, mais à quoi cela sert quand il faut modifier l'effectif chaque année ?

Les treize matches disputés cette année par les Français, dont six officiels, en six semaines de vie commune sont à comparer aux dix-neuf de l'an dernier, année de repêchages et d'Euro, dont quinze officiels en deux mois. Même si le terme est aujourd'hui galvaudé, il s'agit bien d'une année de transition. Après leur utime défaite face à la Turquie (95-77), les Bleus ne semblaient pas abattus, comme à la suite de leur élimination en 2009 par l'Espagne sur un écart d'une ampleur à peu près comparable (86-66). Ils ont tous insisté, Boris Diaw le premier, sur le bénéfice de l'expérience acquise. Se forger une histoire, c'est bien, mais à quoi cela sert quand il faut modifier l'effectif chaque année ? Et à qui cela profitera-t-il ? A Nicolas Batum, c'est certain. Il a montré des limites en fin de tournoi. A Nando De Colo aussi, qui a vu ce que c'était de jouer meneur à ce niveau. A Andrew Albicy, qui a pu savoir face aux Espagnols de quoi il était capable avec les A.

Sept revenants ou nouveaux attendus pour douze places

Vincent Collet aux consignes

Bokolo, Diaw, Gelabale, F. Pietrus avaient déjà l'expérience de Championnats d'Europe, d'un Mondial. C'est de résultats dont ils ont besoin. Quant aux autres, on n'est pas certain de le revoir, au moins en 2011, en raison d'un niveau encore limite (Causeur, Jackson), d'un tournoi raté (Traoré) ou d'une concurrence accrue (Koffi, Mahinmi) par les retours annoncés (Diot, Parker, M. Pietrus, Turiaf) et les arrivées prévues (Beaubois, Noah, Séraphin). «On n'a pas un réservoir extensible, même si certains joueurs ont appris sur cette compétition et seront candidats pour la prochaine équipe de France, qui sera renforcée, je l'espère, par ses meilleurs joueurs», résume Vincent Collet. Le sélectionneur devra revoir encore sa hiérarchie, en espérant qu'il aura lui-même chassé les démons qui lui pourrissent la vie depuis le titre de l'ASVEL en 2009.

Les Bleus ne promettaient rien en arrivant à Izmir mais ils avaient fait lever l'espoir le temps d'un week-end. Il fallait se méfier.

Collet doit être un peu las entre un dernier match de poules mais surtout de dupes, qui avait obligé à affronter l'Espagne en quarts en 2009, une saison sans play-offs avec l'ASVEL et un Mondial où l'objectif n'a pas été atteint et où le groupe n'a pas répondu à sa demande en ne jouant pas à fond, ou pas tout le temps, face à la Nouvelle-Zélande. Surtout que son groupe n'a pas été totalement soudé à chaque instant. En tout cas, la place de cet entraîneur pointilleux et didactique n'est pas remise en cause sur la route des JO 2012, dont la qualification se jouera l'an prochain. Dans le fond, les Bleus sont à la place à laquelle on les attendait : huitièmes de finaliste avec trois victoires en poules. Mais comme ils ne savent rien faire comme tout le monde, ils ont battu l'Espagne et pas la Nouvelle-Zélande. Et non l'inverse... On est déçu que quand on a attendu quelque chose. Les Bleus ne promettaient rien en arrivant à Izmir mais ils avaient fait lever l'espoir le temps d'un week-end joli comme une journée de printemps. Il fallait se méfier, comme toujours avec eux.

Xavier COLOMBANI à Istanbul
L'envers du décor et l'actu du Mondial : le twitter et le twitpic de xavier_lequipe

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