«Andrew Albicy, qu'est-ce que ça fait de devenir un joueur majeur en équipe de France dès son premier match en compétition officielle, lors d'une victoire contre le champion du monde en titre qui plus est ?
J'était surpris et content. Nando (De Colo) et Yannick Bokolo ont eu des fautes en début de match donc ça m'a permis de jouer. Vu qu'en première mi-temps ça allait assez bien pour moi, il (Vincent Collet) m'a encore donné ma chance et j'ai montré ce que je pouvais faire. Je suis très content, je ne sais pas quoi dire... C'est le niveau que j'ai envie d'atteindre, de côtoyer des joueurs comme ça. J'étais très excité au début du match, je sais dans ma tête que je peux y arriver donc je vais continuer à bosser.
«Je savais qu'avec ma petite taille, vu que je tiens bien la balle, je n'avais pas de souci à me faire sur la pression de Rubio»
Mais à l'heure qu'il est, vous devez être sur votre petit nuage.
Franchement non. Je suis un gars qui redescend sur terre assez vite. J'espère être longtemps à ce niveau là et je ferai tout pour, mais il ne faut pas s'enflammer. J'ai fait un bon match, après on verra la suite et on en reparlera.
Cette performance vous permet-elle d'espérer avoir un rôle important sur la durée ?
De toute façon, je ne demande que ça, acquérir de l'expérience. Ce match-là est un bon test et je pense que je l'ai réussi. J'espère que ça va continuer.
A aucun moment vous ne vous êtes senti en difficulté ? Même quand vous perdez un ballon juste après la mi-temps alors que les Espagnols défendent tout-terrain ?
On n'était pas organisés sur la "press" donc j'ai perdu la balle, mais j'étais assez serein. Je savais qu'avec ma petite taille, vu que je tiens bien la balle, je n'avais pas de souci à me faire sur la pression de Rubio. En plus il ne m'en n'a pas mis énormément. Franchement ça a été.
Vous êtes l'un des trois plus petits joueurs du Mondial. Ce n'est pas un handicap ?
Je n'ai jamais dit que ce n'était pas une qualité d'être petit ! Moi je suis très bien comme ça. Je ne veux pas être comme les grands. Je joue sur mes qualités et comme ça a été utile aujourd'hui, tant mieux.
«Ce n'est pas pour ça qu'on va être champion d'Europe... du monde», rappelle celui qui a gagné l'Euro espoirs cet été.
Est-ce la plus belle victoire de votre carrière ?
Quand j'ai été champion d'Europe (avec les Espoirs en juillet), je pense que c'était la plus belle. Celle-là c'est la deuxième parce que je joue à haut niveau contre la meilleure équipe. Ça restera dans ma tête.
Lors de votre titre avec les Espoirs, vous avez été élu MVP du tournoi. En quoi cela vous a-t-il servi ?
Chaque année avec les équipes de France, les coaches me donnent de la confiance en me laissant les clés de l'équipe. Cette expérience m'aide avec Paris-Levallois et avec l'équipe de France A. J'en redemande encore.
Existe-t-il un risque de déconcentration dès dimanche contre le Liban (17h30) ?
Ce n'est que le premier match, il ne faut pas s'enflammer. Ce n'est pas pour ça qu'on va être champion d'Europe... du monde. C'est vrai qu'on a joué une grosse équipe, mais aussi au bon moment. Il faut vraiment se baser sur ce match pour continuer. Il faut être concentré contre toutes les équipes, même les petites, et avoir la même motivation contre le Liban. On peut aller loin si on est toujours comme ça.»
Propos recueillis par Xavier COLOMBANI, Ã Izmir
Twitter : xavier_lequipe
L'anecdote : si la prestation de haut vol d'Andrew Albicy n'était pas attendue, il n'en avait pas moins montré une adresse étonnante vendredi à l'entraînement en réussissant plusieurs tirs du milieu du terrain consécutivement, une passage détonnant filmé par notre excellent confrère Romain Brunet.

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