«Vincent Collet, l'équipe de France n'a plus de repêchages à disputer comme en 2009. La préparation va-t-elle être très différente ?
L'année dernière, c'était une préparation à étages. Là , on sait qu'on va être au Mondial. On a un peu plus de temps qu'avant les qualifs l'an dernier mais c'est modéré par la tournée, où on aura trois matches très intéressants (deux face au Canada à Toronto les 12 et 13 août, un contre les Etats-Unis à New York le 15) mais moins d'entraînements. Donc on doit profiter à plein de ce stage à Pau. Il faut qu'au bout de ces quatorze jours notre jeu soit calé et qu'après on essaye de le paufiner et d'améliorer notre condition physique.
«Il faudra être impertinent, insolent mais pas arrogant.»
Dans quel état physique sont arrivés les joueurs ?
Il y a eu beaucoup d'engagement lors du premier entraînement et c'était même surprenant. Le message qu'on a donné hier (dimanche) est bien passé. Mais il faut être très prudent car avec l'envie, même si vous êtes un peu moins bien physiquement, vous compensez. Il faudra voir en milieu et en fin de semaine si on est capable de réitérer les efforts. Mais je sais pour avoir discuter avec les joueurs que beaucoup d'entre eux ont fait quelque chose pendant l'été. Il y en a peut-être quelques uns qui sont un peu moins prêts mais on en saura un peu plus dans quelques jours.
Les forfaits vous obligent-ils à repartir de zéro ?
Non. Il y a des joueurs qui sont absents mais très peu de nouveaux. On a pu le constater ce matin (lundi) en travaillant les aspects défensifs. On a vu que les choses n'avaient pas été oubliées et ça c'est intéressant. On a du potentiel et des qualités à mettre en avant.
Comment faire de la jeunesse de cette équipe une qualité ?
L'un des axes sur lesquels j'ai demandé aux joueurs de se concentrer, c'est une forme d'impertinence. Je veux que la jeunesse soit aussi synonyme de fraîcheur, qu'on ne vienne pas pour regarder les adversaires mais pour être impertinent. Mais pas arrogant. Insolent oui, mais pas arrogant. La frontière est parfois étroite et il faudra être du bon côté de la frontière.
«Pour Noah, si les Bulls ne renégocient pas maintenant, ils n'ont pas plus de raison de le faire le 20 août»
Les absences, notamment celle de Tony Parker, vont-elle modifier la hiérarchie dans l'équipe ?
Naturellement mais ça va prendre un peu de temps. On a quand même deux joueurs, Boris Diaw et Florent Pietrus, qui ont sept campagnes derrière eux et qui auront un rôle important. Des jeunes vont prendre l'opportunité de s'imposer. L'année dernière, on avait vu l'émergence de Nicolas Batum. Cette fois, on attend beaucoup de Rodrigue (Beaubois). Même s'il est rookie, il aura un rôle prépondérant vu l'absence de Tony (Parker). Mais il va falloir du temps pour que cela se mette en place.
Espérez-vous encore récupérer Joakim Noah ?
Pour l'instant, on est plutôt pessimiste mais la porte n'est pas fermée. Il n'y a rien de nouveau. Soit sa renégociation (de contrat avec Chicago) se fait rapidement, soit ça ne se fait pas. Ils peuvent très bien le faire au milieu de la saison prochaine. Et s'ils ne le font pas maintenant, ils n'ont pas plus de raison de le faire le 20 août. D'abord, plus le temps passe et plus cela va devenir compliqué. Les autres joueurs vont trouver des complicités.
Vous avez quinze joueurs à votre disposition pour le moment. D'autres pourraient-ils vous rejoindre ?
A priori non si ça se passe normalement. Mais il faut voir comment le groupe va évoluer. Il peut y avoir des blessés. L'an passé, on l'a fait évoluer à la suite des blessures de Joseph Gomis, Mamoutou Diarra et Tony Parker. On peut piocher dans la liste des vingt-quatre en cas de coups durs.
Comment comptez-vous compenser les absences de Tony Parker et Ronny Turiaf ?
Sur le poste de meneur, Rodrigue et Nando (De Colo) vont être très responsabilisés, c'est une évidence. A l'intérieur, Ian Mahinmi, Ludovic Vaty, Ali Traoré et Alexis Ajinca ont une carte à jouer manifeste. J'espère qu'ils vont saisir cette chance et élever leur niveau de jeu afin de permettre à l'équipe de France de jouer à son meilleur niveau.»
Propos recueillis par Xavier COLOMBANI, Ã Pau

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