Pauvres hallucinés que nous sommes, nous autres amateurs de basket à cette période de la saison... Quand on pense que le quidam, voyant tout ça de loin, ose nous dire que «NBA-Pro A, ce n'est pas le même sport», mais qu'en sait-il ? Qu'en mesure-il ? Lorqu'on rentre du POPB dimanche au crépuscule et qu'il faut surfer sur les insomnies pour être raccord avec la vie du gros ballon aux States, on finit par tout mélanger et traverser la journée en mode zombie. Mais quoi, c'est bien la même ferveur que l'on caresse avec ces supporters choletais enfiévrés à Bercy et ces supporters bostoniens aussi verts que les Choletais sont rouges, mais pareillement transportés. C'est bien le même effort défensif aussi qui a tendu les bras dans le cinq d'Erman Künter sur toutes les lignes de passes mancelles (12 interceptions) et rejeté les tirs de L.A. à sept reprises au Boston Garden.
On sait, on tripote les chiffres comme ils nous arrangent mais on ne résiste pas au vain plaisir de souligner que le jeu soit disant offensif de la NBA ne l'est plus autant lorsque se joue le titre et que le 92-86 inscrit à Boston s'écrit 77-71 sur 40 minutes, soit 148 points là-bas et 146 (81-65) par chez nous. La vraie différence ? Oui bien sur, Bryant, Garnett... la qualité supérieure des athlètes. Pour le reste, ici et là-bas, le champion est plutôt celui qui arrive à faire de son équipe un peu plus que la somme des individualités qui la composent.
Cholet y est parvenu dans une marche aussi humble que sereine avec ce Gelabale MVP contre son gré, qui n'aurait surtout pas voté pour lui mais a bel et bien mérité de l'être. Cette sérenité, les Lakers semblent s'en éloigner à mesure qu'ils s'enfoncent dans la série, comme aimantés à nouveau par cette Kobe-dépendance qu'ils paraissaient pourtant avoir surmontés. L'air du pays leur rendra-t-il équilibre et lucidité ?
Les Choletais aujourd'hui, n'ont plus ce souci mais le temps des migraines est venu pour leur président. Non parce que le coteau du Layon aura coulé à flots, mais parce que la seule façon de bien affronter l'Euroligue tient au défi de conserver intact le nucleus de son équipe, histoire de montrer à son coach que le pimpant présent peut colorier un avenir doré et que ça vaut le coup de s'ancrer dans les Mauges. Pas simple. Et pas gagné, surtout lorsqu'on a déjà annoncé un budget en baisse, alors que le jeune Seraphin tourne autour de la vingtième-cinquième place des mock drafts (22e hier sur DraftExpress, 25e sur NBAdraft.net), que Linehan, Mejia excitent la concurrence et Gelabale, plus encore. Le bonheur -même celui du champion- est fragile.
Jean-Luc THOMAS

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...