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Le 22/03/2010 à 10:36 | Mis à jour le 24/03/2010 à 17:42

Basket

Pas le monde des Bisounours, Michael !

Michael Jordan a racheté les Bobcats et entendu une drôle de sortie de l'ancien propriétaire : on aurait l'esprit un peu étroit en Caroline du Nord...
Michael Jordan, une Légende parmi les Légendes.(REUT)
Michael Jordan, une Légende parmi les Légendes.(REUT)

Le sport business, ce n'est pas le monde des Bisounours, quelle que soit l'échelle où il se déploie. Les récents évènements de Charlotte en attestent. Accueilli avec beaucoup de chaleur et un brin de scepticisme en Caroline du Nord, d'où il était parti à la conquête de la planète basket sous le maillot de UNC, Michael Jordan a garanti 275 millions de dollars (202,1 millions d'euros) pour voir les Charlotte Bobcats déraper après avoir aligné sept victoires en huit matches. Saint Michael trahi par les siens !

Si les play-offs sont, pour la première fois, au rendez-vous de la mi-avril, tout le monde aura oublié. Oubliés les doutes sur les capacités managériales du nouvel actionnaire majoritaire, oublié aussi son éloignement physique d'une ville où on l'espère désormais beaucoup plus ancré. Boris Diaw, lui, nous assure que «ça ne changera pas grand-chose. MJ devient majoritaire mais il prenait déjà des décisions ou y était largement associé. Il était déjà présent à mon entretien individuel de bilan en fin de saison dernière par exemple. Je ne suis pas dans les bureaux mais je trouve qu'il était déjà très impliqué». Jordan n'a pas promis le titre aux fans et aux médias mais s'est notamment déclaré ouvert à l'idée de changer le nom de la franchise, trop connoté selon certains à l'identité de l'ancien propriétaire : c'étaient les «Bobcats» de Bob Johnson, un aspect qui révèle un arrière-plan moins net des us et coutumes locales.

Et Boris Diaw à qui perd gagne...

Car au lendemain de la passation de pouvoir, Johnson a publiquement craché tout son ressenti sur l'attitude «arrogante», et même «incestueuse», des milieux d'affaires locaux vis-à-vis des entreprises managées par des afro-américains. Ce n'était pas la première fois qu'il stigmatisait l'entre soi des brasseurs d'affaires de Caroline du Nord, mais cela sonne comme un message au repreneur, auquel il en coûtera de trois à dix millions de dollars pour changer le patronyme de l'équipe.

Boris Diaw, lui, a gagné dix mille euros de dommages la semaine passée... au tribunal de Bordeaux où son ancien conseiller financier, Emmanuel Meffray, par ailleurs président du club de Saint-Médard en Jalles, a été condamné pour avoir étouffé 40 000 euros à l'ancien palois. Vieille histoire et broutille ramenée au contrat 2009 du power forward de Charlotte (7,4 millions d'euros) qui en restait pourtant amer : «C'était l'ami de la famille, il mangeait, dormait à la maison, passait chercher ma mère pour aller aux matches à Pau. Lorsqu'il s'est fait virer de sa banque et a monté sa propre structure, il a bien su dire qu'il s'occupait de mes intérêts pour faire sa clientèle. J'en ai eu vent par d'autres sportifs, jusqu'à l'an dernier en équipe de France». Non, décidément pas le monde des Bisounours, à Charlotte comme à Bordeaux.

Jean-Luc THOMAS

L'EXPERT

Jean-Luc Thomas

Jean-Luc Thomas suit le basket à L'Equipe depuis 1987. Il avait auparavant couvert ce sport et en particulier l'aventure du Limoges CSP pour "Le Populaire du centre"
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