«On sent toujours un manque de respect. Notamment de votre part». Au sortir de la victoire contre Boston (114-105), fin février, Carmelo Anthony avait lancé une pique aux journalistes présents. Sans pouvoir étayer son argumentaire. Mais sans avoir tout à fait tort, les propos de Doc Rivers, lors de cette même conférence de presse, ayant confirmé la tendance. «Les Nuggets sont aussi bons que n'importe qui d'autre, jugeait le coach des Celtics. Ils peuvent gagner tous leurs matches. Nous aussi. Mais on ne reçoit pas de trophée pour la saison régulière». Derrière ce "mépris" apparent, se cache l'essence du problème : la bague NBA. Le statut de finaliste surprise de la conférence Ouest de Denver n'a pas fait infléchir ce manque de considération décrié par "Melo", lui aussi relégué dans l'ombre des exploits de LeBron James, Kobe Bryant, ou de l'émergence de Kevin Durant. Les temps vont peut-être changer.
Les chiffres de Carmelo Anthony, en diminution lors des deux dernières saisons par rapport à son très bel exercice 2006-2007 (28,9 pts de moyenne), sont revenus à la hausse. Il est actuellement le troisième meilleur scoreur de la Ligue (28,8 pts), derrière James (29,9) et Durant (29,7)
Sauf lorsque son genou a fait des caprices, Anthony s'est démené pour que Denver soit un réel postulant au titre. «Je dois faire tout mon possible pour obtenir cette bague, confiait-il en novembre à ESPN. Je la veux». Plus affûté, plus serein, l'ancien de Syracuse a enclenché une mutation, en parallèle à celle des Nuggets, qui ont délaissé le désordre offensif pour se concentrer sur la défense, avec un équilibre affiné par le trade d'Allen Iverson et l'arrivée de Chauncey Billups, en novembre 2008. Le "nouveau Melo" est né lors de la campagne victorieuse des Etats-Unis aux JO de Pékin. «Il y a eu un déclic. Je me suis trouvé. Plutôt que de chercher à marquer 20 ou 25 points, j'ai eu envie de faire plein de petites choses pour aider cette équipe à gagner».
Chez les Nuggets, Anthony reste tout de même la principale force de frappe (voir encadré). Et a montré, comme jeudi soir face aux Hornets (93-80), qu'il pouvait être polyvalent et bon défenseur. Au point qu'il ne serait pas choquant que le Pepsi Center imite la Q Arena de Cleveland et se mette à scander des «MVP, MVP». Dans la salle des Cavs, justement, Anthony avait signé un buzzer-beater devant James pour offrir à Denver la victoire en prolongation (118-116), mi-février. Et accentuer leur bon bilan (7-2) face aux autres membres du Top 6 de la Ligue (Cleveland, Lakers, Boston, Orlando, Dallas). La saison dernière, le parcours des Nuggets en play-offs était une surprise. Si leur printemps est à nouveau fleurissant, on ne prendra pas l'air étonné. - J. Te.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...