Le 19 octobre, on saluait au bas de cette chronique le retour en Pro A du ''virus'' John Linehan, affublé du surnom de ''Doctor D''. ''D'' pour défense, bien sûr. Presque trois mois plus tard, le microbe en question semble menacer l'état sanitaire des attaques de l'élite, au point que Vincent Collet s'indigne d'un ''amendement Linehan'' qui qualifie, selon lui, la permissivité arbitrale laissée aux nuisances du meneur choletais.
On voit bien la démarche de l'entraîneur de l'ASVEL, soucieux de signaler à la patrouille un danger potentiel. Mais le dossier de L'Equipe ce lundi dit bien l'essentiel : c'est plutôt à l'adversité de s'adapter aux agissements du filou qui porte sa défense au niveau d'agressivité qu'on lui laisse développer, hors de toute violence gratuite de surcroît. Les petits, en défense, embrouillent les plus grands ? C'est vieux comme le basket, comme Tyrone Bogues, ou même Pierre Bressant, s'attachant au short d'un Drazen Petrovic au Mondial 1986 ou au Tournoi de Paris qui fit longtemps les délices de Coubertin, une sorte de Madeleine de Proust pour retraités des parquets.
Au-delà, la réaction de Collet laisse entendre tout autre chose : ce n'est pas Linehan mais plutôt Cholet qui commence à faire peur. Une ''Question du jour'' sur notre site, le 3 janvier, révélait que 53% des internautes ne croyaient pas à la possibilité pour Cholet-Basket d'être sacré champion de France. Seraient-ils si nombreux aujourd'hui ? Linehan est un vrai leader s'exprimant dans une équipe disciplinée et qui n'a pas encore réalisé tout son potentiel. Après avoir révélé Sam Mejia, elle jardine soigneusement la seconde éclosion de carrière de Mickaël Gelabale et assume son ambition naissante.
Jusqu'où ira-t-elle ? On veut bien que le ''virus'' Linehan jouisse d'une liberté agaçante, sauf que Cholet affiche en ce début d'année une tenace propension à avoir le dernier mot. Qu'elle soit contrainte d'endiguer un retour manceau ou qu'elle enclenche une poursuite infernale à Villeurbanne, à la fin c'est l'équipe des Mauges qui gagne. Et ça ne doit pas s'expliquer seulement en criant «Cholet, protégé !». Mieux vaudrait reconnaître que Cholet, c'est pour de vrai.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...