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Si elle continue de jouer comme elle l'a fait ce mardi, la Russie n'ira pas loin. D'autant que c'est elle qui hérite du programme infernal qui semblait destiné aux Bleues avec la Lettonie chez elle en quarts, puis probablement l'Espagne en demi-finale. Mais aussi imparfaite soit-elle cette année, l'équipe tenante du titre n'a pas perdu vingt ballons et son invincibilité toute seule. D'ailleurs, elle avait encore l'occasion d'empocher la mise au début quatrième quart-temps (52-51, 32e), malgré huit minutes consécutives (!) sans marquer dans la troisième période. A défaut de disposer d'une organisation digne de ce nom, les Russes auraient donc pu s'en sortir sur leur énorme talent pur si elles n'étaient pas tombées sur une équipe de France qui disposait cette fois d'une arme qui est chez elle aussi rare que la pluie au Sahara : l'adresse de loin.
Du 3/3 réussi par Céline Dumerc dans le premier quart-temps, où les Bleues ont senti qu'elles pouvaient jouer les yeux dans les yeux avec l'épouvantail du tournoi (23-23), jusqu'au panier primé de Manu Hermouet en cloture d'un 8-0 dans la quatrième période (60-51, 34e), cette adresse française a offert une alternance essentielle et prometteuse en attaque à la domination intérieure de Sandrine Gruda (17 points, 6 rebonds), définitivement hors classe dans cet Euro, et Isabelle Yacoubou (10 points en 9'30" en première mi-temps). Mais battre les favorites, qui devaient, il est vrai, digérer l'arrivée de Bekky Hammon, clone américano-russe de Dumerc, cela fait-il de vous les nouvelles favorites ? Disons que les Bleues, dont les standards défensifs sont une sécurité, ont un boulevard devant elles jusqu'à la finale avec la Grèce - battue trois fois avec une équipe incomplète en préparation - en quarts et peut-être la Slovaquie en demi-finales. Mais Pierre Vincent et ses joueuses savent aussi que la phase finale est un autre monde tant la pression ressentie en quarts (une victoire permettrait d'obtenir un billet pour le Mondial) peut vous faire déjouer. Le plus beau n'était pas pour aujourd'hui, il est encore à venir. X.C.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...