Pour leur premier match sous le même maillot depuis 2004, Kobe Bryant (27 points) et Shaquille O'Neal (17 points et un show marquant lors de la présentation des équipes) ont été désignés co-MVP (Photo Reuters) du All Star Game 2009, dimanche à Phoenix. L'un après l'autre, les deux anciens coéquipiers aux Los Angeles Lakers, champions en 2000, 2001 et 2002, ont dominé un troisième quart-temps où la conférence Ouest a creusé un écart décisif (38-24 en 12 minutes). L'équipe occidentale s'est imposée avec la plus grande avance (146-119, +27) depuis 1995 et Tony Parker, pour sa troisième sélection, a apporté une bel écot (14 points, 4 rebonds, 4 passes en 20 minutes). L'Est avait pourtant réalisé le meilleur départ (20-8, 6e) mais a souffert de rotations plus limitées, notamment à l'intérieur où Dwight Howard était esseulé.
Quand le "Superman" d'Orlando n'était pas sur le terrain, il fallait bien trouver quelqu'un pour sacrifier son corps à la garde rapprochée du Shaq. Mais les frêles ailiers Danny Granger et Rashard Lewis ne pouvaient guère jouer que rôle de la mouche et O'Neal celui de l'âne, spécialiste es-pitreries avec en ouverture une danse digne de ses plus belles années du rapeur Shaq Diesel, puis quelques coups de fesses pour partir au dunk. Pas moins de quatre en moins de cent secondes à la fin du troisième quart-temps, en relais d'un Bryant qui avait sonné la charge avec deux trois points un peu plus tôt. Au final : 17 points en 11 minutes (un MVP a-t-il déjà joué aussi peu ?) pour O'Neal, 27 à 12/23 en 29 minutes pour Bryant, le tout sous les yeux de Phil Jackson, coach de l'Ouest, qui doit être le seul à savoir vraiment (et encore) ce que pensent ces deux-là.
Air vicié à Phoenix
Car ce n'était pas des retrouvailles, mais une réconcilitation forcée en public entre deux joueurs qui étaient sensés ne plus pouvoir s'encadrer depuis le départ du Shaq à Miami à l'été 2004 - et même avant. Pour un O'Neal avouant que le temps du duo terrible «lui manquait», Bryant n'a eu guère de mots - «On a passé un bon moment, c'est tout» - comme lors de tout le All Star Week-end. Mais telle est la grande magie de la NBA... Qui laisse sous le tapis ce qui ne va pas. Or Phoenix avait gâté la Ligue en lui offrant un air vicié en guise d'accueil. Au menu : un coach, Terry Porter, officieusement viré dimanche, prémice probable au transfert d'Amare Stoudemire, déprimé d'avoir perdu de la place dans la raquette au profit du Big Cactus, qui lui a même piqué la vedette dans sa ville.
On faisait mieux comme contexte mais le match ne s'en est pas trop ressenti, du moins quand les titulaires de l'Est étaient ensemble sur le terrain. Avec Wade, James, Garnett et Howard, les orientaux avaient pris un départ canon. Au fil des rotations, tout cela s'est délité avec un 24-5 passé par l'Ouest pour rattraper le coup dans la deuxième moitié du premier quart-temps. Très vite, on a vu LeBron James avec l'oeil du tueur, celui qui lui avait permis de remporter les titres de MVP du l'événement en 2006 et 2008. Mais son équipe version 2009 était trop légère pour qu'il puisse la tracter entière jusqu'au bout. Et c'est donc Bryant et O'Neal qui ont eu le privilège de soulever pour la troisième fois le trophée de MVP, après 2002 et 2007 pour Bryant, après 2000 (co-MVP déjà avec Duncan) et 2004 pour O'Neal, rejoignant Michael Jordan et Oscar Robertson au rang des triples récipendiaires. Mais KB24 peut se rassurer : O'Neal, dont on annonce que c'est sa dernière saison, ne devrait pas être à Dallas l'année prochaine pour le septième All Star Game de suite à l'Ouest. X.C.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...