Joseph Gomis : «c'est une défaite qui fait mal ». Boris Diaw : «c'est une défaite qui fait mal». Ronny Turiaf : «c'est une faute qui fait mal». Héroïque avant de sortir du terrain sur blessure peu avant la mi-temps, Ronny Turiaf se souviendra longtemps du coup de hache, sale, frustré, asséné sur son épaule droite par Radoslav Nesterovic alors que le Martiniquais effectuait son meilleur match de l'Euro (10 points, dont deux dunks rageurs, et quatre fautes provoquées en 11 minutes). «Rasho» est finalement allé se calmer dans les vestiaires après une énième faute lourde au début du troisième quart-temps. Puis il est ressorti, tranquille, un peu seul dans son coin. «Droopy», le surnom dont il hérité en NBA pour son jeu soft, nous explique de sa voix douce : «Je ne voulais blesser personne, mais je ne pouvais pas lui laisser le 2+1 (panier plus lancer). J'ai visé la balle. C'est le jeu, on ne sait jamais ce que les arbitres vont décider.»
Bienvenu à l'Euro, un monde où les poètes ne sont pas les bienvenus, univers dont les jeunes Italiens battus la veille par les Français n'étaient pas les plus représentatifs. La preuve : alors qu'on imaginait déjà Turiaf rentrer chez lui, il est revenu et a combattu dès le troisième quart-temps. Puis à la 28e minute, alors que les Slovènes venaient de réussir un 19-3 pour reprendre la tête (51-52, 28e), revenant de moins quinze (48-33, 23e), ils ont cumulé en une fraction de seconde fautes antisportive et technique. Un festival, match en suspens, gestes sans politesse, un rappel du dernier match amical entre les deux sélections, qui était de la même manière un débordement d'adrénaline. Cette légère interruption a permis aux Bleus de souffler après une noyade de cinq minutes. Mais ces quelque 300 secondes leur ont coûté en partie le gain du match en coupant leur dynamique, alors que la première mi-temps, bouclée en tête (39-31), avait permis d'installer une défense harassante, où les coups de zone sont toujours bénéfiques.
Une fois les esprits un tout petit peu calmés, mais pas les assourdissantes cornes de brume dalmates, le quatrième quart-temps a tourné au bras de fer. Le métier des vétérans Matjaz Smodis (15 points) et Goran Jadodnik (12 points) contre le talent de Tony Parker (25 points). Parker si seul malgré l'envie et le temps de jeu de Tariq Kirksay : trois passes décisives pour les Bleus seulement, aucune pour Boris Diaw, ni pour Yohann Sangaré. Cela s'est ressenti dans les deux dernières minutes, entamées à 65-62 pour l'équipe de France, et marquées par trois mauvaises inspiration de Parker, Florent Piétrus et Kirksay. Alors que Domen Lorbek venait de rentrer ses deux lancers francs, Tony n'a réussi que le premier. Rebond défensif slovène, fin du combat. Ne restent que l'amertume et le constat froid. «On part au deuxième tour avec une victoire au lieu de deux, donc il faudra tout donner au deuxième tour, prévient la capitaine Diaw. Il va falloir qu'on se re-concentre et qu'on rejoue comme on l'a fait en première mi-temps contre la Slovénie et la seconde contre l'Italie. On ne va pas se focaliser sur cette défaite» Les chocs, eux, sont déjà oubliés, ils reviendront sous d'autres visages.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...