Claude Bergeaud rêvait de prendre un temps-mort si son équipe rentrait dans la dernière minute avec sept points d'avance sur la Grèce, histoire d'exorciser le cauchemar de l'Euro. Mais le sélectionneur prévenait dans la foulée : «on peut très bien être à moins dix-sept à ce moment là.» A un point près. La Grèce menait 71-53 à soixante secondes de la fin après avoir fait étalage de toute sa maîtrise, un flot continu de sang froid, lors de la dernière période. Ou pour être précis : à partir de la dernière seconde du troisième quart-temps. Les Bleus restaient alors sur un 10-3 en trois minutes qui leur avait permis de revenir de 33-48 après un trois points de Diamantidis (le plus grand écart du match à ce moment là) à 43-51. A moins huit avec une dynamique positive et dix minutes à jouer, qui sait... Mais le coach Panayotis Yannakis prenait un temps-mort avec neuf dixièmes au compteur, Antonis Fotsis marquait en un éclair et la Grèce reprenait sa marche en avant dès la reprise. Cent vingt secondes plus tard, l'écart était remonté à quinze points (58-43, 33e) sur un nouveau tir lointain de Spanoulis. Fin du maigre suspense.
Hormis après le premier panier du match réussi par Mickaël Gelabale, jamais les Bleus n'ont mené. La faute entre autres à une maladresse crasse du jeu intérieur dès le début de la rencontre. La bataille se jouait pourtant là, dans la capacité des Bleus à obliger très vite les Grecs à venir renforcer la garde près du cercle pour offrir des possibilités de décalages à l'extérieur. Mais à rater des paniers parfois à quelques centimètres de l'arceau, les Français se rendaient la tâche impossible. «On a senti énormément de nervosité ce matin», affirmait Claude Bergeaud avant le début du match sur Canal+, ce qui s'est vite confirmé sur le parquet. Pourtant, il fallait bien y revenir dans cette satanée raquette, là où Florent Piétrus, Frédéric Weis et Johan Petro ont cumulé au final un insurmontable 3/17 au tirs. Comme d'habitude, les Grecs ont mis, de leur côté, du temps à trouver le bon tempo offensif, avec seulement douze points inscrits dans le premier quart-temps (12-8, 10e). Mais leur défense ne lâchait rien, même pas des fautes, avec seulement trois lancers francs tentés par les Français avant la mi-temps... et aucun réussi. Une fois lancé le majestueux trio d'arrières composé de Papaloukas, Spanoulis et du diable Diamantidis (13 points, 8 rebonds, 5 passes décisives et 3/5 à 3 points), il n'y avait plus grand chose à faire. Sauf tenter des coups de coaching, ce que le sélectionneur tricolore n'a pas arrêté de faire. Association de deux pivots (Turiaf-Weis, Petro-Turiaf), cinq de grande taille avec Diaw en meneur et le duo Diarra-Mike Piétrus à l'aile, l'option Gomis à la mène, différentes défenses de zone, tout y est passé ou presque. Cela a permis de rester dans le match, hommage lui soit rendu. Mais entre une machine qui n'a bougé que d'une pièce (le mastodonte Schortsianitis pour l'arrière Zizis, blessé) depuis son titre de championne d'Europe et une équipe renouvelée de moitié, manquant d'expérience, il n'y avait pas photo. Rendez-vous dans un an.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...