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FINALE

STRASBOURG TOUCHE LES ETOILES

Premier titre pour Strasbourg. (L'Equipe)
Après avoir couru derrière le score durant trois quart-temps, Strasbourg a obtenu le premier titre de son histoire en battant Nancy (72-68), le vainqueur de la Semaine des As, dimanche à Paris-Bercy. Les Alsaciens ont fait la différence à trois points dans les dernières minutes par Ricardo Greer, élu MVP du match, et Afik Nissim. Ils succèdent à Pau-Orthez et disputeront l'Euroligue la saison prochaine à la place de l'ASVEL, leur adversaire en demi-finale.

Oubliées les polémiques sur les nouveaux play-offs et leur aspect Coupe de France. Rangés au placard les doutes quant à l'identité des finalistes, novices à ce niveau. Effacé le souvenir lancinant de la finale en plusieurs manches. En attendant de connaître l'audience télévisée de cette finale, le nerf de la guerre, la LNB a gagné son pari de réveiller la Pro A dans les grandes largeurs. Celles d'un POPB qui, sans être plein jusqu'à la gueule, a vibré et hurlé avec deux équipes qui ont élevé leur niveau à la hauteur de l'événement.

Rythmée par une intensité défensive rare, cette rencontre a couronné avant tout un entraîneur, Eric Girard. Après avoir fait du Havre, une équipe désargentée, un candidat régulier aux play-offs, l'ancien Choletais a hissé Strasbourg jusqu'au ciel - un premier titre de champion et la découverte de l'Euroligue - dès sa première saison à la tête du club. Cette victoire sonne aussi comme une réponse à ceux qui avaient fait de cette équipe cosmopolite (huit étrangers sur dix joueurs) une formation sans âme. A l'opposé de la vérité exprimée sur le terrain.

Toujours bousculée à l'intérieur, longtemps étouffée à la périphérie, la SIG a souffert mais ne s'est jamais désunie. Repoussés à 13 points dès le deuxième quart-temps (22-35, 15e), les Alsaciens ont trouvé derrière la ligne à trois points les ressources pour revenir. Un basculement de la rencontre qui s'est opéré en trois temps. Pointés à 0/9 dans les tirs de loin à la mi-temps, les champions de France ont lancé l'assaut dès le retour des vestiaires, retrouvant leur adresse et recollant au score à l'énergie (36-42, 24e). Mais sans parvenir à déstabiliser véritablement une équipe nancéienne riches en individualités. Puis ils sont passés devant sur un coup de sang de l'Israélien Afik Nissim (61-58, 35e), déjà décisif au tour précédent face à Villeurbanne. Mais ses trois tirs à trois points réussis consécutivement n'ont pas empêché Nancy de revenir au score (61-62, 37e). C'est à ce moment, alors que l'on rentrait dans le moment de vérité, que Ricardo Greer est sorti de sa boite. Deux tirs à trois points de suite, un écart conséquent (70-64, 39e) à moins de deux minutes de la fin. S'en étaient finis des espoirs nancéiens, avec un duo Tapiro-Kirskay bien cadenassé après la mi-temps.

Les Nancéiens disputeront finalement la Ligue FIBA (la C3) la saison prochaine, une qualification obtenue grâce à leur victoire lors de la Semaine des As. Seulement huitièmes de la première phase, les Nancéiens ont connu une finale à l'image de leur saison : brillante, voire impressionnante, sur un effort court, mais sans véritable continuité. A l'inverse, les Strasbourgeois ont construit sur la durée, s'appuyant sur un championnat bien maîtrisé (troisième de la première phase) pour construire leurs succès en quarts et demi-finales sur Pau-Orthez et Villeurbanne, deux équipes qui pensaient sauver leur saison - médiocre pour l'Elan, moyenne pour l'ASVEL - en réussissant des coups en play-offs. Cette obsession de la juste construction, de la solidité sur le moyen et long terme, devrait être très utile à Eric Girard la saison prochaine. Dans l'enfer de l'Euroligue, Strasbourg ne sera qu'un petit poucet, dont on attendra guère plus que quelques victoires. Mais qui aurait pu dire il y a huit mois que Strasbourg deviendrait champion de France ? Il est des surprises qui sont faites pour durer.

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