LE CONTEXTE. Les JO d'hiver traversent une troisième fois l'Atlantique et s'installent - comme en 1932 - à Lake Placid. Située au coeur de la chaîne des Appalaches, entre l'embouchure du Saint-Laurent et celle de l'Alabama le long de la côte Est des Etats-Unis, Lake Placid culmine à seulement 568 mètres d'altitude, ce qui pose des problèmes d'enneigement. La station se retrouve obligée de stocker de la neige artificielle pour approvisionner les pistes.
Les écologistes, très hostiles à l'idée d'accueillir les JO d'hiver, perturbent le bon déroulement de la préparation. Ainsi, ils s'opposent plusieurs fois au tracé des pistes en interdisant de couper des arbres dans les endroits où doivent avoir lieu les épreuves alpines. Ils refusent aussi la construction du grand tremplin du 90 m, avançant le coût trop élevé de l'opération.
La cérémonie d'ouverture, qui se déroule par moins trois degrés, manque de chaleur. Les 1 200 athlètes représentant 37 nations défilent trop solennellement et le public, peu enthousiaste, n'est venu que pour voir défiler les Américains. A la surprise générale, la délégation soviétique n'est pas conspuée - le contexte international est pourtant glacial. Eric Heiden, qui vise les cinq médailles d'or en patinage de vitesse, prête le serment olympique, tandis que Hugh Carey, gouverneur de l'Etat de New York, souligne dans son discours le caractère « pacifique des Jeux».
Eric Heiden est la grande star des JO de Lake Placid. L'Américain enlève cinq médailles d'or en patinage de vitesse. Il rafle tout : 500, 1 000, 1 500, 5 000 et 10 000 m. Un authentique exploit, jamais un athlète sur une seule édition des JO n'a remporté autant de titres olympiques.
Avec cinq médailles d'or, Eric Heiden reste le troisième athlète le plus titré des JO d'hiver. (1. Bjorn Daelhie ski de fond, 8 médailles d'or 2. Lydia Skoblikova, patinage de vitesse, 6 médailles d'or et LLoubov Egorova, ski de fond, 6 médailles d'or).
Après sa déception aux JO d'Innsbruck, quatre ans plus tôt, où il n'avait décroché qu'une seule médaille de bronze , Ingemar Stenmark enlève deux titres olympiques, le slalom et le slalom géant. L'homme aux 86 victoires en Coupe du monde, aux cinq titres de champion du monde entre 1978 et 1982, et aux trois victoires au classement général de la Coupe du monde, est alors au sommet de sa gloire...
Tout comme Ingemar Stenmark, Hanni Wenzel réalise le doublé géant-spécial. La skieuse du Liechtenstein manque de peu la passe de "trois". Elle est devancée d'extrême justesse en descente par la Suissesse Anne-Marie Moser Proll.
Les Américains remportent le tournoi de hockey en battant en finale (3-2) la redoutable équipe d'URSS. Les "Yankees" mettent ainsi fin à seize ans de domination soviétique. Cette victoire éblouit les téléspectateurs du monde entier, l'événement est qualifié de "miracle sur la glace".
LES FRANCAIS. L'équipe de France de ski est en plein marasme. Depuis les Jeux de Grenoble en 1968 et les trois médailles d'or de Jean-Claude Killy, aucun titre olympique n'est venu orner la vitrine de la Fédération française. Seule la jeune Perrine Pelen sauve la délégation tricolore du zéro pointé. La Française, 19 ans, décroche la médaille de bronze en slalom géant. Sa compatriote Fabienne Serrat prend la 4e place. Au soir de la cérémonie de clôture des JO, Michel Clare, envoyé spécial de L'Equipe, entame son édito en écrivant « le ski français, des lendemains qui ne chantent guère». Le journaliste stigmatise la politique des dirigeants de la Fédération qui, selon lui, sont les seuls responsables des mauvais résultats.

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...