LE CONTEXTE. En mai 1970, la ville de Denver se voit attribuer la XIIe édition des JO d'hiver. Lors de la 39e session du CIO, la ville américaine sort vainqueur au dernier vote avec 9 voix d'avance sur Sion. Deux ans plus tard, le 15 novembre 1972, le président du comité National Olympique des Etats-Unis, Clifford Buck informe l'instance olympique que la ville de Denver, «sous la pression des groupes écologiques», doit retirer sa candidature.
Panique au CIO qui lance un appel à tous les comités nationaux... Il ne reste que trois ans et demi avant la date fatidique. Diverses candidatures se manifestent : Innsbrück, Lake Placid, Tampere... La commission exécutive de l'instance olympique décide finalement par un vote secret de confier les XIIes Jeux d'hiver à Innsbrück, douze ans après ses premiers JO.
La cérémonie d'ouverture, qui se déroule dans le mythique stade de saut de Berg Isel, est une réussite. Les 1 368 athlètes représentant 36 nations investissent le village olympique. Côté français, c'est la skieuse Fabienne Serrat qui porte le drapeau de la délégation, composée de 38 membres dont 6 femmes.
La descente masculine couronne le grand favori de la discipline, Franz Klammer. L'Autrichien, qui domine sans partage la discipline depuis deux ans - 14 victoires en Coupe du monde sur 19 épreuves - se livre à un duel sans merci avec le champion olympique de Sapporo, le Suisse Bernard Russi. Klammer possède des qualités athlétiques hors normes, Russi, lui, fait dans la finesse, dans le ski épuré sans violence.
L'Autrichien, surnommé le "Klammer express", devance de 36/100e son rival suisse. « Ce jeune Autrichien a prouvé avec éclat que son caractère est du même métal que son talent», souligne Michel Clare dans L'Equipe.
Mais la performance de l'Autrichien est vite éclipsée par celle de l'Allemande Rosi Mittermaier. La skieuse de RFA, habituée aux places d'honneur, remporte la descente et le slalom spécial. Seule la Canadienne Kathy Kreiner, lors du slalom géant, empêche Mittermaier de réaliser le triplé.
L'exploit "comptable" de ces JO vient de la Russe Averina Tatiana qui rafle quatre médailles (dont deux en or) en patinage de vitesse (500, 1 000, 1 500, 3 000 mètres).
En patinage artistique, les Etats-Unis retrouvent leur suprématie chez les femmes, huit ans après la médaille d'or de Peggy Fleming à Grenoble. Dorothy Hamill remporte le concours d'extrême justesse, sans pouvoir réaliser de triple saut. Des milliers de petites filles se mettent à copier sa coupe de cheveux en forme de champignon.
Chez les hommes, au terme d'une extraordinaire prestation en figure libre, John Curry devient le premier champion olympique anglais en patinage artistique. Le Britannique apporte la deuxième médaille d'or à son pays depuis le titre décroché par l'équipe de hockey aux JO de Garmisch-Partenkirschen en 1936.
LES FRANCAIS. Le ski aplin français est en plein marasme. Fabienne Serat, une des meilleures chances de médailles - elle fut championne du monde de slalom géant en 1974 -, chute lourdement pendant l'épreuve. Bilan : une grosse entorse, les Jeux sont finis pour elle. La fougue et le talent de Danielle Debernard sauvent l'équipe de France du zéro pointé. La skieuse de la Plagne décroche une médaille de bonze inespérée dans le slalom géant. La Française, qui avait déja récolté une médaille olympique quatre ans plus tôt à Sapporo, prouve ses qualités de skieuse polyvalente puisqu'elle se classe cinquième de la descente et 4e du slalom géant. Sur l'ensemble de sa carrière, elle totalisera cinq victoires en Coupe du monde.

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...