LE CONTEXTE. C'est en Italie à Cortina d'Ampezzo que s'ouvrent les septièmes JO d'hiver, baptisés les «Jeux du sourire» en raison de l'enthousiasme du pays organisateur. Trente-deux nations représentées par 820 athlètes s'affrontent dans les 22 épreuves au programme. Grande première... la télévision est présente pour retransmettre toutes les épreuves, une publicité qui apportera par la suite une nouvelle dimension aux sports d'hiver.
Le ski français, qui veut effacer ses mauvais résultats d'Oslo (aucune médaille), se retrouve miné par une polémique survenue entre James Couttet, reconverti entraîneur, et Jean Vuarnet, le skieur vedette, non sélectionné pour le slalom géant. Une vieille querelle de clocher entre les deux hommes, originaires de stations de ski rivales ? Une ambiance délétère règne au sein de l'équipe de France. Et James Couttet finit par démissionner tandis que Jean Vuarnet est exclu des compétitions olympiques.
Maigre consolation pour les Français qui remportent le prix « d'élégance » lors de la cérémonie d'ouverture. Une manifestation grandiose, « tout feu tout flamme», dixit Antoine Blondin, chroniqueur à L'Equipe. Giuliana Chenal-Minuzzo, skieuse italienne, est la première femme de l'histoire à prêter le serment olympique.
Petit incident : le porteur de la torche, Guido Caroli, chute sur la glace au moment d'allumer la vasque olympique ! Il se relève, sous les hurlements du public, et brandit la torche qui ne s'était heureusement pas éteinte... Le lendemain, la compétition débute avec le slalom géant masculin.
Toni Sailer et Cortina d'Ampezzo, deux noms liés... L'Autrichien réalise, en ski alpin, le premier triplé de l'histoire des JO d'hiver. Il remporte la descente, le slalom spécial et le slalom géant avec des écarts considérables sur ses rivaux (descente : 3", slalom géant : 6", slalom spécial : 4").
Avec 16 podiums (7 en or, 3 d'argent et 6 de bronze), l' U.R.S.S pointe en tête au classement des médailles. Les athlètes soviétiques enlèvent la bagatelle de six titres en ski nordique et en patinage de vitesse, des disciplines où ils n'avaient pas l'habitude de briller. Mais leur principal fait d'arme reste leur victoire sur le Canada (2-0) en hockey sur glace.
En ski nordique, c'est le Suédois Sixteen Jerneberg qui remporte l'épreuve phare des Jeux : le 50 km. Ce jeune bûcheron de 27 ans, venu tout droit des forêts profondes de Lima (province suédoise) devance, en 2h50'27", les athlètes du bloc soviétique. Une course disputée au coeur du massif des Dolomites sous un soleil éclatant mais... par moins vingt-et-un degrés !
Comme à Saint-Moritz en 1948, les Américains trustent les premières places en patinage artistique. Chez les dames, Teneley Albright monte sur la plus haute marche du podium tandis que Hayes Jenkins, chez les hommes, succède à Richard Button (vainqueur des deux dernières éditions).
LES FRANCAIS. Le meilleur résultat est à mettre au crédit d' Adrien Duvillard, quatrième en slalom géant. Deux jeunes patineurs pointent le bout de leur nez : Alain Giletti(4e) et Alain Calmat(9e). En ski de fond, le relais ( Victor Arbez, Benoit Carrara, René Mandrillonet Jean Mermet) termine sixième.

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...