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Le 27/01/2010 à 17:00 | Mis à jour le 30/01/2010 à 18:01

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Quand le ski affole les radars

Une vitesse supérieure à 250km/h, moins de six secondes pour passer de 0 à 200km/h. Le tout sans le moindre moteur mais avec juste des skis aux pieds et beaucoup d'adrénaline.
En 6 secondes, Bastien Montes passe de 0 à 200km/h. (Photo OT Vars)(DR)
En 6 secondes, Bastien Montes passe de 0 à 200km/h. (Photo OT Vars)(DR)

Amateurs de sensations extrêmes, bienvenue dans le monde su ski de vitesse! Du 28 janvier au 1er février, Vars, dans les Hautes-Alpes, accueille sur sa piste de Chabrières, une étape de la Coupe du monde de la spécialité, plus souvent appelée KL (kilomètre lancé). Les skieurs les plus rapides de la planète sont attendus. A commencer par l'Italien Simone Origone, détenteur du record du monde avec un chrono enregistré à 251,4 km/h! Pour donner un ordre d'idée (mais sans vouloir hiérarchiser), les descendeurs atteignent les 140km/h sur la mythique piste de la Streif à Kitzbühel. «Plus que de la glisse, c'est quasiment du vol, explique Bastien Montes, champion du monde junior et meilleur Français actuel (239,04km/h). A ces vitesses, les skis ne touchent pratiquement plus la neige et reviennent juste de temps en temps en contact avec la piste. On passe de 0 à 200km/h en 6 secondes soit plus vite qu'une formule 1. On est complètement plaqué par le vent. C'est indescriptible.»

Montée d'adrénaline garantie pour cette descente infernale. «Au sommet, l'ambiance est très particulière, poursuit Montes, employé au Conseil Général des Hautes-Pyrénées. C'est le calme plat, ça donne des frissons. Même s'il y a une compétition entre nous, on partage tous le même adversaire: le chrono. » Au point d'avoir peur? «Non, c'est juste de l'appréhension, précise le skieur. Et si jamais l'appréhension se transforme en peur, alors tu es mal...»

Une pente à 98% !

Là-haut, au sommet de la piste (à 2715m à Vars) où seuls les meilleurs sont conviés (on monte le départ progressivement au fil des runs de la compétition), il faut alors se jeter dans cette pente extrême (98% sur les premiers mètres à Vars) et tenter d'approcher la position idéale travaillée l'été en soufflerie en fonction de sa corpulence, parallèlement à un gros travail de musculation. «Jusqu'à 210km/h, il y a une impression de contrôle, raconte Bastien. On passe ensuite un deuxième cap au-delà des 230km/h. Quand on arrive en bas, on est épuisé. C'est hyper physique car il faut une grosse puissance pour résister à la pression et en même temps être très souple pour encaisser et amortir les secousses.»

«C'est vraiment du pilotage au niveau du ski, des mains et de tout le corps», confirme Karine Dubouchet-Revol, Française la plus rapide avec un record à 242,26km/h (record du monde détenu par la Suédoise Sanna Tidstrand avec 242,59km/h). Après de nombreux titres et un break de quelques hivers, Karine, également directrice technique de l'équipe de France, a décidé, à 38 ans, de se replonger dans ce grand frisson. «Je n'arrive pas à m'arrêter, explique-t-elle. Mais cette fois c'est ma dernière saison. C'est de plus en plus difficile. D'autant plus quand on est maman de deux petites filles de trois et cinq ans. L'engagement n'est plus tout à fait le même quand on sait que vos enfants vous attendent en bas. C'est inconscient mais bien présent.» Karine devrait donc ranger les skis après les Championnats du monde aux Verbiers, en Suisse, en 2011, où elle défendra le titre acquis l'an dernier à Vars. A condition bien sûr de boucler un budget de 15 000 euros.

« Au sommet, l'ambiance est très particulière. C'est le calme plat, ça donne des frissons. Mais si jamais l'appréhension se transforme en peur, alors tu es mal...» Bastien Montes

Car si le ski de vitesse est une discipline officielle reconnue par la Fédération française, les sportifs doivent souvent faire avec les moyens du bord. Et comme toujours à haut niveau, l'addition grimpe vite (600 euros pour une combinaison utilisable une seule fois pour une tentative de record, 900 euros le casque profilé et sa peinture, 750 euros pour les skis avec une quinzaine de paires par hiver etc). «On ne demande pas grand-chose, confie la maman supersonique, également prof de fitness à Aix-les-bains. Que nos déplacements soient pris en charge par exemple car on part à nos frais et souvent sur nos vacances.»
Une passion alimentée par l'espoir de repousser les limites. Jusqu'à quand? «Peu de pistes dans le monde peuvent permettre de battre des records (en France, Vars et Les Arcs en font partie), explique Bastien Montes. Il faut aussi réunir beaucoup de conditions optimales. Les tentatives ont souvent lieu en fin d'hiver car plus la neige va être chaude, plus on va accélérer. Concernant les limites, nous sommes dans l'inconnu. Il y a 20 ans, on pensait que 210 serait une barre fatidique. Nous en sommes aujourd'hui à plus de 250...»

Pascal GREGOIRE-BOUTREAU

L'EXPERT

Pascal Grégoire-Boutreau

Pascal Grégoire-Boutreau est grand reporter à L'Equipe depuis 1998. Triathlète et pratiquant de trails, raids, etc, il a couvert depuis dix ans de très nombreux sports.
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