«Laure Manaudou, comment analysez-vous votre course ?
Ça s'est passé comme je voulais, je suis partie vite. Je voulais un peu casser la tête des autres en partant vite, en sachant que cela allait être dur de me rattraper à la fin. Ça a été difficile au deuxième 200, j'avais mal aux jambes. Il y aurait eu un 100 m en plus, cela aurait été un peu plus dur. J'ai eu un massage ce midi, je n'ai pas pu dormir beaucoup, les horaires de la compétition ne sont pas top, on finit à 14 heures et on reprend à 19 heures, mais cela n'empêche pas de faire des bonnes perf'.
Quel est le sentiment qui prédomine ?
C'est surtout du soulagement parce que je n'ai plus de pression maintenant. Il y a deux ans, je n'ai pas fait le 100 m dos et le 800 m. Là, je vais arriver sereine et décontractée pour les autres courses.
Etes-vous rassurée ?
C'est vrai que cela me rassure pour la semaine qui arrive, mais je ne vais pas partir confiante non plus. Il y a de bonnes nageuses qui ont fait des supers temps au 400 m, les Américaines sont très fortes au 800 m. Je sais qu'elles pourront me battre parce que je n'ai pas de titre au 800 m ou au 100 m dos, je n'ai vraiment aucune pression. Je suis rassurée et surtout beaucoup moins stressée.
Le 100 dos semble particulièrement vous motiver ?
Ça me fait plaisir parce que je n'ai pas nagé souvent avec Natalie Coughlin, c'est un mythe dans la course. Il faut que je m'accroche à elle, je ne sais pas si je vais réussir mais je vais essayer.
Allez-vous participer au 1500 m ?
Non.
Vous avez également renoncé au 200 m quatre nages ce matin, quelle était la raison de ce forfait ?
J'avais un peu peur parce que c'était le premier jour, je ne savais pas comment j'étais dans l'eau. Faire un 200 m quatre nages, ça aurait pu me faire mal à l'épaule parce que j'ai plus l'habitude de faire du papillon.
A l'arrivée, vous faites une moue. Etiez-vous déçue de ne pas battre le record du monde ?
J'étais un peu déçue en arrivant en voyant mon temps parce que c'était un peu un rêve de nager en Australie devant tous les spectateurs, j'aurais aimé battre un record du monde. Mais j'ai eu ce que je voulais : le titre de championne du monde. Il y a quand même un peu de déception, mais je le ferai l'année prochaine aux Jeux.
Vos rivales se rapprochent. Qu'en pensez-vous ?
Il y a beaucoup plus de concurrence parce que je me rappelle qu'aux Jeux, j'avais gagné en 4'05". Il y a beaucoup plus de nageuses qui s'approchent de moi, beaucoup plus de concurrence.
Qu'est-ce qui vous a stressé, l'attente des Français ?
Je ne ressens pas la pression au niveau des Français, mais surtout au niveau des journalistes. Je ne peux pas me tromper, arriver deuxième, c'est plutôt cela ma peur, ce sont les journalistes. C'est assez stressant. Non, ce n'est pas les Français qui me stressent, c'est juste vous (sourire).
Dans votre sillage, le relais 4x100 m masculin vient de décrocher la médaille de bronze. Vous les avez inspirés ?
C'est super de faire pareil qu'à Barcelone, le 4x100 m nage libre est vraiment relevé. Le fait d'avoir une médaille juste avant, cela motive un peu, mais je ne vais pas dire que je suis à 20% responsable, à 0,5%, peut-être que je n'y suis pour rien. Ce n'est pas évident de travailler un mois par an ensemble et d'arriver troisièmes. On vient de commencer la compétition, il y a une grande équipe, il reste 7 jours...
Philippe Lucas a dit que vous devez encore progresser dans votre sérieux à l'entraînement. Qu'en pensez-vous ?
Il a raison. Je ne m'entraîne pas très bien régulièrement. Il y a beaucoup de choses à améliorer surtout dans la régularité.»

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...