« Philippe Blain, quelles sont vos attentes pour ce Championnat du monde ?
En principe, lorsque l'on se présente sur ce type de compétitions, c'est pour aller le plus loin et obtenir le meilleur résultat possible. C'est vrai qu'en plus, nous nous sommes mis l'eau à la bouche avec la dernière Ligue mondiale et nous avons donc envie de rester dans cette voie-là, toujours tournés vers le très haut niveau, dans la perspective des Jeux Olympiques. Bien entendu, la formule est très difficile, très contraignante, parce que c'est un véritable championnat dès les poules. Dès le début, nous aurons affaire à sept des dix meilleures équipes mondiales, ce qui est synonyme de grosse difficulté pour simplement pouvoir arriver en demi-finale.
Quelles sont selon vous les plus grosses forces de ce groupe France ?
Sur les aspects techniques, nous restons ce qui se fait de mieux sur tout ce qui est réception, défense et soutien. Là, je pense que nous sommes parmi les meilleurs mondiaux. Nous essayons de développer autour de cela un jeu offensif extrêmement varié et très performant. Ensuite, le deuxième aspect auquel je tiens beaucoup, c'est la capacité d'un groupe à être fort ensemble. Je continue à beaucoup travailler là-dessus parce que je pense qu'une équipe qui veut avoir des résultats sur la continuité doit forcément passer par là. Un groupe fort, cela veut dire un groupe qui, d'abord, est déterminé, qui favorise l'épanouissement de chacun et qui sait, dans les moments importants, prendre ses responsabilités collectivement.
Et cela passe par quel genre de travail ? Des discours, des exercices spécifiques ?
Le travail, c'est déjà que chacun en soit convaincu, et que cela se traduise ensuite dans les faits, aussi bien dans les phases d'entraînement que dans les phases de compétition. Et puis les joueurs savent maintenant que c'est aussi pour moi un critère de sélection. Mais ils en sont convaincus également parce qu'ils se sont rendu compte eux-mêmes que cela amenait à avoir des résultats, que c'était l'un des points forts de l'équipe. Vous savez, les joueurs sont conscients de ce qui peut les amener à être performants. Une fois qu'ils l'ont compris, tout le monde rentre dans ce schéma, chacun à sa manière, avec ses qualités, ses différences, tout cela pour obtenir un ensemble cohérent et costaud.
Votre travail de sélectionneur a-t-il été particulièrement difficile avant ce Championnat du monde ?
À vrai dire, je n'ai pas eu de mal parce que je n'ai pas véritablement eu à faire de sélection : j'avais décidé de rester dans la continuité de ce que nous avions vécu cet été. La sélection avait déjà faite cet été avant la Ligue mondiale et les résultats ont montré que nous n'avions pas eu tort. Bien entendu, là, les blessures de Sébastien Ruette et de Vincent Montméat ont obligé un petit peu à modifier les équilibres, à changer certaines choses. Mais globalement, nous gardons la même ossature.»

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