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Le 24-01-2008 00:00
 

Championnat d'Europe (H) : France - Allemagne : 26-23

LABEL BLEU

Narcisse peut serrer le point devant Karabatic, les Bleus font preuve de solidité mentale. (L'Equipe)
Cinq rencontres, autant de victoires et une qualification pour les demi-finales. Le bilan de l'équipe de France est parfait après le succès acquis jeudi contre l'Allemagne (26-23). Les Bleus sont assurés de terminer en tête de groupe II avant leur dernier match du tour principal contre la Hongrie.

Outre-Rhin, on appelle ça der Wichtiges Spiel. Le gros match. Un champion du monde face à un champion d'Europe. Deux équipes qui, en plus, se sont quittées un an auparavant sur une rencontre entachée d'une décision d'arbitrage contestable (*). Mais le match de mercredi a tenu toutes ses promesses et, contrairement à ce qui s'était passé la veille, les Bleus n'ont pas faibli pour conclure à leur avantage (26-23). Après quinze minutes de jeu au Spektrum, les joueurs de Claude Onesta ne menaient cependant que 4-1. Olivier Girault : «Ça a démarré de manière ultra défensive parce que les deux équipes se connaissent très bien. Nos jeux sont décortiqués à la loupe et ça se traduit par des débuts stériles où chacun attend l'erreur de l'autre pour le contrer.»

Omeyer irréprochable

De chaque côté, les défenses ont pris d'entrée leurs adversaires à la gorge. Bertrand Gille a notamment été muselé parfaitement par Oliver Roggisch et Andrej Klimovets. Durant toute la rencontre, le joueur de Hambourg n'a pu tirer qu'une seule fois. Et, en sus, les joueurs entraînés par Heiner Brand se sont offerts trois contre-attaques victorieuses en interceptant des ballons destinés au pivot français. «Ça a donc été l'arme utilisée par les Allemands pour nous déstabiliser, a poursuivi Girault. Ils ont attendu les passes destinées à notre pivot. Ça nous a fait mal et il fallu tout recommencer.» La défense d'outre-Rhin s'est acharnée sur Nikola Karabatic, plusieurs fois mis à mal en première période (4/10) avant de corriger le tir (8 buts). Et Brand avait aussi aligné d'entrée Henning Fritz dans le but, le vétéran contesté par Johannes Bitter mais tellement expérimenté contre les Français. En face, le rempart français a, lui aussi, bien fonctionné : dans le but, Thierry Omeyer a été irréprochable avec quatorze arrêts en sa faveur. Daniel Narcisse a mis la pression sur le demi-centre Michael Kraus, ce qui a justifié son remplacement par Markus Baur après onze minutes de jeu. Le joueur de Lemgo est toutefois revenu en seconde période et a marqué cinq buts, preuve que l'Allemagne n'a jamais baissé les bras. Mais c'est la machine bleue qui, la première, a trouvé l'ouverture, menant 8-4 (23e) et atteignant la pause avec le score en sa faveur (11-10).

Seulement 46% de réussite pour les tireurs allemands

D'une première période serrée, on a continué avec trente minutes âprement disputées. Mais les rebondissements ont été nombreux. A la 34e minute, l'Allemagne a perdu son rugueux défenseur Oliver Roggisch, sanctionné pour la troisième fois de deux minutes et finalement exclu pour avoir contesté la décision arbitrale. La France qui menait 13-12 n'a cependant pas pris ses distances. Olivier Girault a ensuite manqué un penalty à la 39e, après que les volontaires pour le tirer ne se soient pas bousculés. Et Luc Abalo a enfin pris deux minutes sur une faute qui a amené l'égalisation de l'Allemagne (20-20, 51e), laquelle courait derrière depuis la reprise. Et dire que l'équipe de Claude Onesta avait encore eu trois buts d'avance auparavant (19-16, 46e)... Mais, dans les dernières minutes, les Bleus n'ont pas tremblé, malgré une attaque allemande mobile mais finalement irrégulière (46% de réussite au tir). Kraus a beau avoir ramené son équipe à un but (23-22), Fernandez - sur un autre penalty que décidément personne n'était motivé pour tirer - a conclu en beauté sa soirée (sept buts) à peine entachée par deux poteaux. Karabatic et Girault ont ensuite mis un terme à tout autre suspense. «Hier (mardi) nous avions perdu notre lucidité dans les dernières minutes, a déclaré Claude Onesta. Mais cela n'a pas été le cas aujourd'hui. Nous n'avons pas baissé la tête. L'équipe a été solide dans sa tête. Même quand les attaques n'ont pas brillé, la défense et le gardien n'ont pas été remis en cause.» L'équipe de France ira défendre sa couronne à Lillehammer et pourra faire souffler ses cadres jeudi contre la Hongrie. Le programme du jour a été parfaitement exécuté.

(*) Les arbitres avaient refusé un but qui semblait valable à Michaël Guigou et la France avait perdu 32-31 a.p. en demi-finales du Mondial 2007.

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