Une peur bleue. Voilà ce que l'équipe de France s'est offert jeudi à Trondheim pour ses débuts dans le Championnat d'Europe 2008. Sur deux périodes, les tenants du titre ont montré deux visages différents. D'abord celui d'un groupe percutant en attaque avec vingt buts marqués dans les trente premières minutes (neuf réalisations durant les dix premières). Ensuite celui d'une équipe solide en défense en seconde période et portée par la réussite extraordinaire de Daouda Karaboué. Sauf que. Là où l'attaque s'est montrée au grand jour, la défense n'a pas suivi et inversement. Et pendant ce temps, la Slovaquie, qui n'a pour seule expérience qu'une apparition discrète à l'Euro 2006, a joué crânement sa chance et a cru jusqu'au bout réussir l'impossible. « On a beau tirer la sonnette d'alarme, c'est toujours la même chose, a d'ailleurs admis le sélectionneur français à la fin de la rencontre. Tout ce qu'on a dit avant le match s'est déréglé. Ça devient insupportable. »
La première période a démarré avec une première frayeur pour Bertrand Gille. Retenu au dernier moment pour l'aventure norvégienne, le pivot de Hambourg est resté quelques secondes au sol après un contact avec l'adversaire. Etait-ce la fameuse épaule qui était touchée ? « Non, j'ai juste pris un coup sur le nez », a ensuite avoué l'intéressé. Tant mieux, même si, par la suite, les Français ont accumulé les revers : Karabatic a manqué deux tirs, en l'espace de quelques minutes, avant de rater deux penalties. Dans ce même exercice, Olivier Girault et Laurent Busselier ont également connu l'échec. Didier Dinart, Daniel Narcisse, Luc Abalo et Bertrand Gille ont perdu un face à face avec le gardien slovaque, le très grand Richard Stochl. Et, dans le même temps, l'adversaire a connu autant de réussite devant le but défendu par Thierry Omeyer. Le gardien de Kiel a en effet vécu une triste après-midi avec seulement quatre arrêts à son actif. Ses bourreaux ont surtout été Frantisek Sulc (six buts en première période, neuf au total) et Radoslav Antl, qui a relancé son équipe en fin de première période avec cinq réalisations. Pourtant, il y a eu de belles choses durant ces trente minutes, côté français : un Narcisse très aérien, un Karabatic capable de sauver devant son but avant d'aller marquer à la conclusion de la contre-attaque et trois joueurs à quatre buts à la pause (Gille, Girault, Karabatic).
Au début de la deuxième période, celui qui a su relancer la machine tricolore a été Daouda Karaboué, le deuxième gardien. Le Montpelliérain a réalisé neuf arrêts dont cinq d'affilée dans les premières minutes. « Mais ça aurait été mieux si j'avais eu autant de réussite dans la durée, a constaté modestement l'intéressé. J'ai juste amené ce qu'un remplaçant doit amener. En première période, je n'ai pas eu franchement le temps d'étudier les attaquants adverses. La Slovaquie n'a pas été si faible que ça. On a dit qu'elle ne bougeait pas beaucoup. C'était faux. » A un quart d'heure de la fin, la Slovaquie n'avait pourtant inscrit que quatre buts. Et les Français avaient commencé à creuser l'écart (24-19 à la 40e). « J'avais alors prévu une stratégie pour pouvoir récupérer un peu et ne plus avoir à se presser, a reconnu Claude Onesta. Mais. » Mais les vieux démons sont revenus et ont, cette fois, touché les attaquants. Daniel Narcisse a été en échec sur quatre occasions, Nikola Karabatic et Jérôme Fernandez ont été contrés à bout portant par le portier adverse. Ce qui a finalement donné une fin de match haletante dont l'équipe de Claude Onesta se serait bien passée.
De 31-27 à la 55e, les Bleus se sont retrouvés à 31-31 à quarante-et-une secondes du terme de la rencontre. Puis Olivier Girault a réussi le penalty qu'il ne fallait pas manquer ce jeudi soir : « Je suis bien content de l'avoir réussi celui-ci. Il y a quelques années, j'avais tendance à rater des situations de ce genre. » Dans les cinq dernières secondes, l'inévitable Sulc a eu une balle d'égalisation.finalement passée à côté. Ouf. C'est bien le mot qui a résumé la première prestation de l'équipe de France. « Ce qui est tout de même important, c'est que nous avons retrouvé notre attaque, a analysé Girault. Et, comme la défense, c'est ce qu'on sait faire, on devrait pouvoir améliorer notre jeu. » La journée de vendredi sera (déjà) la bienvenue pour préparer les rencontres contre la Suède (samedi) et l'Islande (dimanche). « Si on gagne d'un but contre eux, là, je serai content », a tout de même lâché Claude Onesta.

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