De l'Olympe pékinois à la terre tchèque, il n'y avait donc qu'un pas. En s'imposant sans briller jeudi au Luxembourg (30-21), la France l'avait sans doute déjà franchi. Trois jours plus tard, le collectif tricolore n'avait pas encore le peps ni la cohésion nécessaire pour dominer une équipe de République tchèque qui a su saisir sa chance devant son public pour l'emporter de trois buts (32-29). Les joueurs de Claude Onesta ont craqué dans les cinq dernières minutes à l'issue d'un match très accroché, où le plus gros écart n'a été que de... trois buts. Mais à Brno, les Bleus ont seulement grillé un joker dans l'optique de la qualification à l'Euro 2010. En effet, les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés directement et, au vu du match de ce dimanche, on voit mal comment le Luxembourg, la Letttonie ou le Portugal pourrait empêcher les deux adversaires du jour de se rendre en Autriche.
Un combat de tous les instants
Une salle pleine et bruyante, un enjeu certain, deux équipes motivées, les rouges contre les Bleus, tout était réuni pour assister à un grand match de hand. Et il a eu lieu. Comme il y a trois jours face au Luxembourg, les Tricolores ont réussi à faire main basse sur le début de rencontre pour mener rapidement 4-1, grâce à un Michael Guigou toujours aussi spectaculaire dans ses gestes offensifs. Mais l'opposition tchèque, concernée et concentrée, ne tarda pas à se réveiller, sous l'impulsion notamment du Chambérien Karel Nocar. Jusqu'à 10-10 (26e), les deux équipes se rendèrent coups pour coups, les Bleus trouvant essentiellement des solutions sur les ailes (photo Luc Abalo) en dépit de la défense 6-0 mise en place par le sélectionneur tchèque, Martin Liptak. Titularisé malgré une épaule douloureuse, Nikola Karabatic s'est mué en distributeur efficace. La mécanique - pas encore parfaitement huilée - des champions olympiques se grippa en fin de première mi-temps, les Tchèques prenant 2 buts d'avance à la pause après une perte de balle de Bertrand Roiné et une contre-attaque conclue par Daniel Kubes (13-11).
Idéalement relancée par les excellentes rentrées de Sébastien Ostertag (5 buts), Cédric Sorhaindo (7) et Sébastien Bosquet (2), l'équipe de France parvint à recoller, les deux équipes se tenant à un but pendant plus de 20 minutes. La nouvelle génération de l'équipe de France, tancée par Onesta après le match du Luxembourg, apportait sa réponse... Mais, poussés par leurs supporters, les Tchèques de Jan Filip (7 buts) et Filip Jicha (9), intenables, réalisèrent un 3-0, qui leur redonna une marge de deux buts (27-25, 54e). À 29-27, les joueurs de Claude Onesta eurent l'occasion de revenir à une longueur mais Guigou manqua le cadre sur son jet de sept mètres. La chance des Bleus de disputer la victoire jusqu'au bout était passée et Ondrej Zdrahala se chargea d'enterrer les dernières illusions tricolores avec un dernier triplé. Les Bleus ont réappris la défaite et ce n'est peut-être pas plus mal à deux mois de l'échéance du Championnat du monde, en Croatie. - N. R.
La feuille de match :
République tchèque : Gardiens: Galia (4 arrêts), Stochl (10 arrêts) - Joueurs de champ : Nocar (3 buts), Zdrahala (7), Kubes (1), Jicha (9), Filip (7), Horak (5)
France : Gardiens : Omeyer (8 arrêts), Karaboué - Joueurs de champ : Fernandez (1), Dinart, Narcisse (3), Karabatic (1), Kempe (2), Roiné (1), Abalo (4), Sorhaindo (7), Guigou (3), Bosquet (2), Ostertag (5)
Les résultats :
Dimanche :
République tchèque - France 32 - 29
Luxembourg - Lettonie 23 - 31
Exempt : Portugal
Déjà joués :
Lettonie - République tchèque 31 - 34
Luxembourg - France 21 - 30
Classement :
1. République tchèque 4 pts +6 (2 v. - 0 d.)
2. France 2 pts +6 (1 v. - 1 d.)
3. Lettonie 2 pts +5 (1 v. - 1 d.)
4. Portugal 0 pt (0 v. - 0 d.)
5. Luxembourg 0 pt -17 (0 v. - 2 d.)
NDLR : Les 2 premiers du groupe qualifiés.

