Les Championnats de France en grand bassin se dérouleront à la piscine olympique de Tours, de mercredi à dimanche. Les 615 meilleurs nageurs français auxquels il faut ajouter 111 compétiteurs pour les relais, vont tenter d'obtenir leur billet pour disputer les Championnats d'Europe à Budapest (27 juillet - 7 août), eux-mêmes sélectifs pour les Mondiaux, mi-mars 2007 à Melbourne. Au delà de ces rendez-vous, ce sont les JO à Pékin en 2008 qui sont à l'horizon.
«Maintenant que tout va commencer. Les Jeux arrivent vite. Il faut voir les potentialités», assure Claude Fauquet, le Directeur technique national.
«Même s'il y a un accident, tout ne sera pas fichu pour 2008», tempère le DTN qui prodigue une piqûre de rappel sur les enjeux : «Le projet de cette épreuve est de se qualifier pour l'Euro», répète-t-il à l'intention «d'entraîneurs qui ont eu un peu tendance à l'oublier».
Depuis des mois et au fil des chronos, Laure Manaudou, championne olympique et du monde du 400 mètres nage libre le dit très clairement : «L'important sera de décrocher ma place pour l'Euro». La Melunoise annonce un programme chargé : «200, 400, 800, 1500 mètres nage libre, 50 et 100 mètres dos, 200 mètres 4 nages et le 200 papillon». Des distances auxquelles il faudra ajouter le relais avec au minimum la «qualif. pour les 400 et 800 mètres nage libre et le 100 mètres dos» ainsi que le titre du 200 m 4 nages «à reprendre à Camille Muffat».
L'important pour Manadou sera d'approcher les 4'05" sur 400 mètres nage libre pour se rassurer. Rappelons que la Française détient la meilleure performance mondiale de l'année (4'07"39). Selon son entraîneur, Philippe Lucas, il n'est pas encore temps de penser aux deux couronnes continentales (100 mètres dos et 400 mètres nage libre) que sa protégée veut conserver. Ou au défi qu'elle «garde dans un coin de sa tête», le record mondial mythique de l'Américaine Janet Evans du 400 mètres nage libre (4'03"85).
Faire mieux qu'en 2005
Comme Manaudou, les autres médaillés olympiques ou mondiaux sont également à suivre et attendus. La sprinteuse Malia Metella, longtemps perturbée par une blessure au thorax, veut prouver ainsi qu'elle revient à son meilleur niveau.
Le brasseur Hugues Duboscq a, lui, raté ses Mondiaux en petit bassin à Shanghai en avril. Il doit se relancer en sachant qu'il n'a «pas le choix». «Si je me plante-là, mes deux prochaines saisons sont mortes», avoue-t-il. Quant à Solenne Figuès, elle arrive sereine. Depuis son sacre mondial du 200 mètres nage libre, elle a pris du recul en Nouvelle-Calédonie. Et ne se lancera que sur sa distance fétiche pour une place dans un relais canon avec Manaudou qui est passée, en avril, sous les deux minutes (1'58"75).
Les relais sont d'ailleurs un des gros paris que les Français auront à relever. Pour éviter un nouvel échec du relais 4x100 mètres nage libre messieurs (non qualifié pour les Mondiaux 2005), ce n'est plus un temps individuel qui est demandé aux relayeurs mais un total inférieur à 3'20". Autour des têtes d'affiche (Alena Popchanka, très en forme, Frédérick Bousquet...), et des futures étoiles (Muffat, Sébastien Rouault...), la France dispose de talents. Et ne cache pas ses ambitions de glaner en Hongrie plus de podiums que le record de Madrid en 2004 (15). «Avec les relais, il y a de quoi se faire plaisir aux Euros», estime Fauquet. Avec la possibilité de retenir quatre nageurs par course, c'est une raison de plus pour emmener du monde à Budapest. Mais pour que l'envol européen réussisse, il faut que ces Championnats carburent à l'essence des performances.
(Avec AFP)

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