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16/10/2005

Escrime - ChM - Les dix belles récompenses

Dix médailles, dans les six armes, dont quatre en or. La France, avec ce beau palmarès en Championnat du monde à Leipzig, a retrouvé sa place de leader.


Ces dix récompenses ne sont pas sans rappeler les dix podiums des Français à Nîmes en 2001. Sauf que cette fois-là, ils n'avaient été auréolés d'or qu'à deux reprises. Même aux Mondiaux de Séoul, en 1999, les Tricolores avaient rapporté un record de cinq médailles d'or, mais pour un total de huit. Michel Sicard, le DTN de ce premier sport olympique (en terme de médailles aux JO), a donc raison de qualifier le bilan de la semaine d'«exceptionnel».


«Après les Jeux d'Athènes, on a eu un changement dans la continuité. Cinq des six entraîneurs actuels étaient adjoints lors de l'olympiade précédente. La transmission s'est bien passée», souligne Me Sicard. L'ex-entraîneur des épéistes messieurs parle aussi d'«un climat de sérénité»: «on est en paix avec soi-même quand tout est bien organisé. Il faut un équilibre entre le stress et le plaisir». Particulièrement bien préparés en amont, les tireurs français bénéficient aussi d'un encadrement très pointu qui fait des envieux dans beaucoup de pays. Lors des compétitions par équipes, le DTN et le directeur du haut niveau, Patrice Menon, s'alternaient dans le carré auprès de l'entraîneur de l'arme concernée.


Réitérer l'exploit

«On empiète pas dans le domaine technique. L'entraîneur gère le présent (l'assaut en cours), alors que nous nous occupons du passé (l'équipier qui vient de tirer) et le futur (le partenaire qui prendra le relais)», explique le DTN. L'esprit équipe de France n'est pas un vain mot. Le sabreur Vincent Anstett, à sa première sélection mondiale, mettait en exergue cette «solidarité» à l'issue de son épreuve par équipes.


«J'ai beaucoup apprécié que les tireurs des autres armes, et notamment les épéistes médaillés d'or la veille et qui ont fait la fête tard, soient venus nous encourager. Demain, ce sera notre tour de supporter les sabreuses et les fleurettistes», expliquait-il à l'issue de la victoire contre l'Ukraine, synonyme de médaille de bronze.


L'épéiste Laura Flessel-Colovic symbolise la permanence de l'escrime française. Elle a attendu sept ans pour remporter une autre médaille d'or par équipes. A presque 34 ans, la Guadeloupéenne veut continuer jusqu'aux Jeux olympiques de Pékin en 2008. La sabreuse Anne-Lise Touya et le fleurettiste Brice Guyart, champion olympique, ont renoué avec leurs succès de Nîmes, la première en individuel, le second par équipes.


Contrairement à ses principales rivales, la France dispose actuellement d'une homogénéité supérieure. Sur les 24 sélectionnés, seules trois sabreuses n'ont pas été médaillées. Et c'est pour elles que la frêle Anne-Lise Touya a versé des larmes. La Russie (sept médailles) et l'Italie (six) traversent une période de renouvellement post-olympique. Les deux pays attendent l'arme au pied les Français pour les prochains Mondiaux: à Turin, en 2006, à Moscou ou plus probablement Saint-Pétersbourg en 2007.


Pour leur part, les Chinois ont relativement déçu à trois ans des Jeux. Et c'est la Corée du Sud, au fleuret dames, qui est devenue la première équipe asiatique à s'imposer aux Championnats du monde d'escrime.

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