«Yohann Diniz, que ressentez-vous après votre victoire ?
C'est encore plus fort comme titre. Cela faisait longtemps que je l'attendais. Quand j'ai gagné à Göteborg, j'avais un petit garçon de quatre mois. Là , à Barcelone, j'ai une fille qui a exactement le même âge. Ma victoire d'aujourd'hui, c'est un cadeau pour elle. En plus, je gagne en Catalogne, qui est une région superbe. Je me suis entraîné pendant six semaines à Font-Romeu, je m'y suis beaucoup plu. Là -bas, tout le monde a été derrière moi. C'est ma région de coeur.
Racontez-nous votre 50 km.
J'ai fait la course que j'avais annoncée. Je me suis recentré sur moi-même. Depuis deux ans, je n'avais aucune stratégie. Je me disais : "Je suis capable de répondre à toutes les stratégies de mes adversaires". Aujourd'hui je savais de quoi j'étais capable. J'ai fait ce que je fais tous les matins à l'entraînement. Mais, là , j'étais tout seul. Je ne me suis occupé de personne. Ça a été une course de très haut niveau. A la fin, j'ai commencé à être fatigué. Il n'a pas fait spécialement chaud. Mais ça a été difficile car il y avait beaucoup d'humidité.
Comment se sont déroulés les derniers kilomètres ?
Sur la fin, il y a eu une chute d'adrénaline. Je pensais à ce que j'étais en train de réaliser. Mais j'avais 1'50'' d'avance. Et, par rapport à ceux qui me suivaient, j'avais l'avantage d'avoir déjà réalisé un podium. Donc j'ai dû moins cogiter. Au niveau chrono, j'aurais pu faire mieux. Mais ce n'était pas le but aujourd'hui. J'ai battu le champion olympique (Schwazer) et les trois marcheurs qui étaient sur le podium aux Mondiaux l'an dernier. A Berlin, j'avais fini 12e. J'ai montré que ce n'était qu'un accident.
Mentalement vous avez tenu le coup cette fois.
Oui. Mon travail avec une «sophro» m'a fait du bien. Aujourd'hui je n'ai jamais douté. Je suis tombé au 42e kilomètre parce que je n'ai pas fait attention. Je me suis fait mal mais je n'ai pas paniqué.
Vous apportez à la France une troisième médaille d'or à ces championnats d'Europe.
(Sourire) Et je voudrais en profiter pour remercier Christophe (Lemaitre), Romain (Barras), Teddy (Tamgho), les filles du 100m, tout le monde au sein de l'équipe de France... Avant, en athlétisme, pour espérer une médaille, il fallait compter sur Mesnil, Baala et Diniz. Là , il y a une nouvelle génération qui est arrivée. Le fait qu'il y ait eu des médailles avant moi, ça m'a enlevé un poids, même s'il y en avait toujours un. Moi, ça m'a boosté.
Quelle est la suite de votre programme cet été ?
Je ne sais plus quoi faire. (Sourires) J'avais réservé deux semaines de vacances. Mais j'espère qu'on va penser à moi. Au meeting de Lille, par exemple, l'épreuve de marche a été supprimée. Ça montre que tu peux être vite oublié.
Vous venez de réaliser un doublé. Pensez-vous à une troisième couronne ?
J'ai dit que je continuais la compétition jusqu'en 2016. Donc je serai présent à l'Euro 2014. Et, l'an prochain, aux championnats du monde (à Daegu, en Corée du Sud, ndlr), j'aurai pour objectif de doubler sur 20 et sur 50 kilomètres.»
Propos recueillis par Olivier PAQUEREAU Ã Barcelone

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